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Historique du fonds Stendhal

De son vivant, Stendhal avait peu fait d'envois à la Bibliothèque de sa ville natale. Trois ouvrages seulement, remis par son cousin Romain Colomb, étaient venus le représenter : l'Histoire de la Peinture en Italie, les Vies de Haydn, Mozart et Métastase, et la deuxième édition de l'Histoire de la peinture en Italie.

Après sa mort, le bibliothécaire Amédée Ducoin s'était adressé à Louis Crozet, ami d'enfance de Stendhal, pour compléter la collection des œuvres d'un auteur que l'on considère avant tout comme un écrivain local. En 1844, il exprime son souhait de posséder les œuvres complètes de Stendhal. En 1845, Louis Crozet donne La Chartreuse de Parme (deuxième édition, 1839) et les Promenades dans Rome (1829), en juin 1846, La Chartreuse de Parme et Le Rouge et le Noir, dans l'édition Hetzel.

Hyacinthe Gariel, conservateur de la Bibliothèque dès 1848, a acheté en 1850 Rome, Naples et Florence, mais ne manifeste un intérêt véritable pour Stendhal qu'après la disparition de Louis Crozet et de Romain Colomb, c'est-à-dire en 1860. Praxède Payan, veuve de Louis Crozet, propose à Gariel les œuvres complètes de Stendhal en seize volumes parus chez Michel Lévy entre 1853-1855. Elle réitère son offre le 6 novembre 1860. Gariel accepte ce don avec empressement et ajoute : « Votre obligeance, Madame, m'entraîne à quelques indiscrétions. Pourriez-vous disposer en faveur de la Bibliothèque d'une petite miniature que vous possédez et qui représente Beyle ? ».

Après ce premier don, Mme Crozet va en faire un second plus essentiel, annoncé en ces termes dans la Revue des Alpes (30 septembre 1861) : « La seconde [collection manuscrite], d'une importance plus générale et en même temps d'un intérêt plus particulier pour Grenoble, comprend tous les manuscrits de Beyle (Stendhal), quarante volumes in folio environ. Mme Crozet, veuve de M. Louis Crozet, ancien inspecteur des ponts et chaussées, a bien voulu, à ma prière, faire don à la Bibliothèque de ces précieux manuscrits de notre illustre compatriote ».

Ce premier versement fut sans aucun doute suivi d'un autre, car la totalité du don Crozet représente en 1889, 67 volumes et des liasses. Ces manuscrits ne seront pas exploités avant une vingtaine d'années, car Hyacinthe Gariel est très absorbé par la construction de la nouvelle bibliothèque de la place de Verdun. D'autre part, la masse, l'hétérogénéité des papiers rendent leur classement difficile. Enfin, les papiers à caractère intime posent encore de gros problèmes de publication que devront affronter les premiers stendhaliens.

Hyacinthe Gariel prend sa retraite en 1882 ; Edmond Maignien, son adjoint, lui succède. Il commence à s'occuper du don Crozet et collationne (1884) les manuscrits de Stendhal. Après avoir rédigé la partie des manuscrits modernes du Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Grenoble, qui paraît en 1889 et qui a le mérite de décrire en dix-sept notices les manuscrits donnés par Mme Crozet et de signaler aux chercheurs que « l'ensemble des papiers de Beyle forme une collection intéressante, où se trouvent encore des fragments inédits », il part en quête d'un éditeur et fait appel au monde littéraire mais sans succès.

Pendant plus de vingt ans, les manuscrits restent dans l'ombre. Mais quand, en 1885, un jeune professeur d'anglais, Casimir Stryienski, est nommé au lycée de Grenoble, Edmond Maignien l'oriente vers ce fonds de manuscrits stendhalien inexploité. Stryienski se lance dans leur déchiffrement, et fait paraître en 1888 le Journal, en 1889 Lamiel, en 1890 Vie de Henry Brulard, et en 1892 Souvenirs d'égotisme, lançant ainsi les recherches stendhaliennes. Suite au scandale créé à Grenoble par la publication de Vie de Henry Brulard, Stryienski demande sa mutation. Le relais est assuré par Jean de Mitty, qui publie Lucien Leuwen en 1894 et des Œuvres posthumes en 1897.

C'est à partir des années 1920 qu'il va être question d'acquisitions et qu'une politique d'acquisition stendhalienne va peu à peu se mettre en place.

Louis Royer, conservateur de la bibliothèque à partir de 1919, commence à acquérir certains documents : Lettres de Stendhal à Sutton Sharpe (1920) et l'édition originale du Rouge et le Noir. Après Louis Royer, c'est surtout Pierre Vaillant, responsable de la Bibliothèque dès 1939, qui va jouer un rôle capital dans le développement du fonds stendhalien. Il a le souci d'accroître les collections, et pour cela, va cerner la personnalité de Stendhal afin de sélectionner des lettres autographes et des manuscrits représentatifs de l'écrivain : 139 lettres de Stendhal à Adolphe de Mareste (1956), un tome manuscrit (XIV) de l'Histoire de la peinture en Italie, des ouvrages annotés par Stendhal dont Vie de Rossini et l'Histoire de la peinture en Italie.

La partie iconographique du fonds Stendhal existe depuis 1934, année de création du Musée Stendhal, et Louis Royer en dresse un inventaire comportant 277 numéros. En 1951, il sera complété et augmenté par Gaston Letonnelier, avec un inventaire d'environ 650 pièces, ainsi qu'une section de 92 numéros consacrée à la création d'une galerie de portraits dauphinois (aujourd'hui rattachée au Musée dauphinois). La collection s'enrichit de dons multiples opérés par des particuliers comme le général de Beylié, la marquise de Noailles, et d'institutions comme le Musée des Beaux-Arts d'Angers ou la Ville de Milan.

À partir de Louis Royer et Pierre Vailland, la politique stendhalienne de la Bibliothèque municipale de Grenoble est tracée, selon le principe suivant : devant la multiplicité et la diversité des documents stendhaliens, il convient de faire des choix et en particulier, de privilégier les documents inédits ou, du moins, les documents longtemps écartés du circuit commercial.

C'est cette politique qui est appliquée ensuite par ses successeurs, Paul Hamon (qui, conservateur à partir de 1978, va par exemple traiter l'acquisition d'une grande partie de la correspondance consulaire de Stendhal à Civitavecchia), puis Michel Merland et Yves Jocteur-Montrozier (130 lettres de Stendhal consul à son chancelier Lysimaque Tavernier en 1982, Histoire de la succession d'Espagne en 1996)... jusqu'à aujourd'hui.

Ainsi, la dernière acquisition la plus notable a été, en 2006, celle des 6 cahiers du « Journal » de Stendhal qui appartenaient à Pierre Berès. Ils sont venus compléter à la page près la partie du « Journal » déjà conservée à la Bibliothèque d'étude et du patrimoine.

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