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• Rapport
sur moi Grégoire
Bouillier
En
lisant les premiers mots du
livre "J'ai eu une enfance
heureuse", on se doute
bien que ça n'a pas toujours
été drôle
pour l'auteur. Mais c'est toute
la force de ce livre cette distance
humoristique. Son originalité
elle, provient de sa construction.
L'auteur relate son odyssée
à travers le prisme de
dix moments clés qui
ont déterminé
la suite de son existence.
Mais rassurez-vous tout cela
n'est jamais égocentrique,
au contraire. Ce petit livre
noir est un cadeau, qui, au-delà
de son aspect autobiographique,
constitue un véritable
manuel de savoir lire. Savoir
lire dans notre passé
pour remonter à la source
de nos maux et comprendre qui
nous sommes, et surtout pour
continuer à avancer,
comme sur la photo en couverture,
avec son enfant, pour que lui
aussi ait une enfance heureuse.
Allia, 2002
•
Occupée Laure
Buisson
A Paris, pendant l'occupation
allemande, Marie, jeune lycéenne,
s'ennuie. Le 3 juin 1944, pour
ses 17 ans, ses parents lui
offrent un vélo. Une
chute de vélo anime enfin
son existence. Elle tombe amoureuse
de celui qui l'a renversée.
C'est un officier allemand…
En dessinant le portrait plein
de finesse d'une adolescente
sensuelle et sincère,
l'auteur a écrit un livre
envoûtant.
Lattès, 2002
A
lire aussi Blanquette
(Lattès,
2000)
• Retour
définitif et durable
de l'être aimé
Olivier
Cadiot
Un
lapin vert fluo ouvre le roman
et le parcourt en mascotte furtive.
L'auteur pose un regard amusé
sur la société
urbaine où seules les
plantes artificielles rappellent
les "vertes campagnes".
Le réel est diffracté,
vu comme au travers d'un prisme.
Olivier Cadiot a commencé
à s'exprimer en poésie
mais le rythme de la prose s'est
imposé. "Je comprends
sans comprendre mais il y a
quelque chose de juste là-dessous,
même s'il se passe quelque
chose d'important, y être
ne change rien, il faut rester
en dehors de la bataille pour
comprendre, si on est trop dedans,
on pense que c'est juste une
bagarre ".
P.O.L., 2002
• L'adversaire
Emmanuel
Carrère
Après
dix-huit ans d'une vie de mensonge,
Jean-Claude Romand tue sa famille
et tente de mettre fin à
ses jours. Son procès
met à jour l'imposture
quotidienne de toutes ces années
où ses proches le croyaient
médecin alors qu'il n'avait
jamais mené ses études
à terme et que ses journées
n'étaient faites que
d'errance et d'attente. L'histoire
extrême de Jean-Claude
Romand
nous entraîne dans une
spirale de répulsion/fascination.
Emmanuel Carrère nous
en fait le récit en tenant
la position la plus juste, celle
qui laisse ouvert le champ de
la réflexion, celle qui
n'étouffe pas le réel
sous le jugement. Il nous fait
regarder en face le mensonge
et le mal comme une part de
l'humanité, c'est à
dire de nous-mêmes.
P.O.L., 2000 (réed. Folio)
• Confessions
d'une radine Catherine
Cusset
L'auteur
aurait voulu être une
cigale, une femme généreuse
et désintéressée
mais elle est une fourmi âpre
au gain et mesquine. Avec franchise
et humour, elle nous raconte
comment elle vit. Un livre tonique
et drôle.
Gallimard, 2003
A
lire aussi La
haine de la famille
(Gallimard, 2001) et
Le
problème avec Jane
(Gallimard,
2000)
•
Anchise Maryline
Desbiolles
Un hameau
en Provence, trois maisons accolées.
Une mort ardente. Un vieil homme
a été heureux.
Le besoin de retrouver celle
qu'il a aimée. Et pourtant
cela fait tant d'années
qu'elle est morte, leur bonheur
a été si court.
Imaginer qu'elle est seule est
insupportable, imaginer qu'elle
est morte enceinte l'est encore
plus.
Entre la chaleur accablante
des journées d'été
et la fraîcheur des intérieurs,
Maryline Desbiolles nous fait
partager les moments de bonheur
de cet homme aux plaisirs simples.
Seuil, 1999 (coll. Fiction et
compagnie)
• Je
viens d'ailleurs Chahdortt
Djavann
Une histoire de vie. Comment
l'installation de la Révolution
islamiste a complètement
bouleversé la jeunesse
de l'auteur, qui est maintenant
exilée à Paris.
Un roman court et percutant,
qui permet aussi d'apprendre
beaucoup sur l'histoire récente
de l'Iran, comme le fait une
autre jeune iranienne, Marjane
Satrapi, avec la bande dessinée
Persepolis.
Autrement, 2002 (coll. Littératures)
• La
femme sans sépulture
Assia Djebar
La femme
sans sépulture restitue
le destin de Zoulika, héroïne
de la guerre d'Algérie,
disparue après son arrestation
par l'armée française.
Assia Djebar compose un portrait
à plusieurs voix : les
témoignages de ses filles,
Zoulika elle-même, des
proches qui racontent la tendresse
maternelle, la liberté
dans la vie amoureuse que l'engagement
militant n'a jamais affaibli.
Par cette alliance subtile de
l'intime et du politique, A.
Djebar renouvelle de manière
sensible et très abordable
ses thèmes de prédilection
: la prise de parole féminine
et l'histoire de l'Algérie.
Albin Michel, 2002
• Algérie
roman René-Nicolas
Ehni
Quarante ans après la
fin de la guerre d'Algérie,
René-Nicolas Ehni nous
en donne sa vision. Son écriture
est une lutte contre la souillure,
une étreinte. Elle embrasse
la totalité de l'expérience
humaine, celle de l'horreur
comme celle de la beauté.
L'horreur d'abord : il y a la
violence, la torture à
laquelle on assiste ou à
laquelle on participe, la mort
que l'on donne, celle que l'on
cherche à éviter.
De cette souffrance, de la déchéance
des corps, émerge parfois
la beauté divine d'un
visage, d'un regard, d'une peau.
Algérie roman est un
livre qui dérange, qui
bouscule, qui, sans retenue,
nous ballotte à travers
le quotidien de la guerre, l'histoire
du siècle, la mythologie
et la biographie, réelle
ou imaginaire, de l'auteur.
René-Nicolas Ehni, qui
vit aujourd'hui en Crète,
est l'auteur de romans et de
pièces de théâtre.
Denoël, 2002
• Les
robes bleues Timothy
Findley
Ce roman, écrit à
la fin de la vie de l'auteur,
met en jeu des questions qui
l'ont touché intimement,
complétant le Verger
des Pierres, récit autobiographique.
Le retour sur soi est ici sociologique
avant d'être biographique.
Le cadre, le " monde du
théâtre "
renvoie au passé d'acteur
de Timothey Findley et met en
scène l'attitude des
américains face aux revendications
des homosexuels dans les années
80 et 90, tandis que se déclaraient
les premiers cas de sida. Timothey
Findley, canadien, critique
l'hypocrisie de ses voisins
américains, puritains,
qui se délectent de l'Affaire
Monica Lewinsky.
Serpent à Plumes, 2003
traduit de l'anglais (Canada)
par Sylviane Lamoine
• Elle
est partie Catherine
Guillebaud
Clarisse jeune fille de 18 ans
a quitté Genève,
sa belle maison au bord du lac,
ses parents. Elle erre dans
Paris, s'obligeant à
dormir dans la rue. Un beau
roman tourmenté sur la
difficulté d'être.
Avec son style épuré,
Catherine Guillebaud nous fait
pénétrer à
l'intérieur de chaque
personnage.
Seuil, 2003
Lire aussi Amants (Seuil, 2002)
• 84,
Charing Cross Road Hélène
Hanff
Cet échange de lettres
entre l'écrivain et les
libraires de Marks & Co
est un vrai régal de
lecture pour tous ceux qui aiment
le livre. Entre l'Amérique
et l'Angleterre, des relations
se tissent peu à peu,
de plus en plus intimes. Leur
rencontre sera-t-elle possible
?
Autrement, 2001 (coll. Littératures)
Traduit de l'anglais par Marie-Anne
de Kisch
• La
dormition des amants
Jacqueline
Harpman
Maria Concepcion, reine de France,
est morte. Son plus fidèle
" amant ", Girolamo
nous conte les hauts faits de
son exceptionnel destin. Pas
seulement : il nous livre aussi
les affres de cette passion
bien singulière qui les
lie…
Un roman envoûtant, subtil
et drôle sur les thèmes
du pouvoir, du désir
et de l'amour absolu. L'auteure
bruxelloise a un style littéraire
bien à part, à
contre courant des modes.
Grasset, 2002
• L'invention
de Paris : il n'y a pas de pas
perdus Eric
Hazan
Paris, capitale aux quartiers
mythiques, découpée
en arrondissement, ne s'est
pas faite en un seul jour. A
travers des anecdotes, des récits
historiques, des témoignages
d'écrivains, l'auteur
fait revivre Paris, du Moyen-Age
à aujourd'hui. On entend
les voix de Balzac, Baudelaire,
Hugo, Aragon, les voix de ceux
qui ont vécu Paris, qui,
à différentes
époques, ont témoigné
de son atmosphère, qui
l'ont choisie comme cadre de
leurs romans. Le récit
se compose à l'image
des dédales de rues ;
on voyage parmi les temps et
les lieux.
Seuil, 2002 (coll. Fiction et
compagnie)
• Dernières
nouvelles du bourbier
Alexandre
Ikonnikov
Ces courtes nouvelles nous proviennent
d'un jeune auteur russe et le
bourbier c'est son pays lui-même.
Bienvenue dans la Russie profonde
engluée dans ses archaïsmes,
figée dans son malheur
éternel où on
s'étale dans la boue
tellement on a bu pour se soulager
de la cuite de la veille. Mais
cet alcool amer est malheureusement
radouci par une bonne dose d'ironie
et de tendresse. On rit, on
s'émeut également
pour ces gens que l'histoire
a berné, rendu sans illusions
mais qui cependant continuent
à vivre, à s'aimer
et surtout à boire puisqu'il
faut supporter sa vie.
Ed. de l'Olivier, 2003
trad.
du russe Antoine Volodine ;
trad. de l'allemand Dominique
Petit
• Cacao
Michèle
Kahn
Un jour de 1761, les autorités
de Bayonne interdisent aux juifs
de tenir boutique et même
de faire du chocolat. Lune et
son grand-père décident
de se défendre en prouvant
à tous que leurs ancêtres
ont été les premiers
à apporter le secret
du chocolat en Europe. Du Mexique
des Aztèques au Bayonne
de 1760 en passant par les Caraïbes
et Saint-Domingue, cette fresque
colorée retrace la saga
du cacao.
Ed Bibliophane 2003
• La
vie devant ses yeux Laura
Kasischke
Va-t-on poursuivre cette lecture
après un premier chapitre
que l'on reçoit comme
un coup de poing dans la gueule
? Pourtant, il subsiste un doute
qui fait que… Et c'est
ainsi que l'on va suivre Diana,
mère de famille américaine
typique qui a tout pour être
heureuse. Mais son passé
traumatisant revient, par flashes,
la hanter.
Le roman de Laura Kasishke n'est
pas seulement une histoire intéressante
: ce n'est qu'une fois la lecture
terminée que son jeu
de construction nous apparaît
dans toute sa richesse.
Bourgois, 2002
Traduit de l'anglais par Anne
Wicke
• Le
Don de Gabriel Hanif
Kureishi
Jeté à la rue
par son épouse, un ancien
guitariste paresseux, menteur
et ivrogne, devra sa rédemption
à son fils de quinze
ans, Gabriel, qui ne l'abandonnera
pas. En l'obligeant à
retravailler, il lui permettra
de retrouver la dignité
d'homme et de père.
Christian Bourgeois, 2002
traduit de l'anglais par Mona
de Pracontal
• Les
visages et les voix Patrick
Laupin
"Enfance,
amour et mémoire, ce
livre est le souvenir toujours
vivant en moi, de ceux de ma
famille qui travaillèrent
à la mine."
C’est ainsi que Patrick
Laupin débute ce récit,
qui est aussi un essai et un
poème dédié
à la mémoire des
mineurs des Cévennes.
Il évoque la vie de ces
hommes parmi lesquels il a grandi,
leur culture faite de douleur,
de dignité et de solidarité.
Il leur donne la parole et leur
rend hommage à travers
une écriture à
hauteur d'homme, qui associe
le lecteur dans une vérité
du souvenir et de la quête.
Un livre rare, où la
beauté du texte s'ouvre
sur une humanité partagée.
Comp'Act, 2001
• Putain
d'usine Jean-Pierre Levaray
Jean-Pierre
Levaray est ouvrier dans une
usine chimique d'un important
groupe industriel. En décrivant
son quotidien d'ouvrier, il
donne la parole à tous
ceux qui pointent, qui font
les trois-huit, au bénéfice
d'un patron.
Il y a l'ennui du travail répétitif
; le rituel de la douche avant
de quitter l'usine. Et puis
la lettre de démission,
toujours prête et qu'on
ne donne jamais. Et il y a le
besoin de bien accomplir sa
tâche. Le récit
s'achève sur l'explosion
de l'usine AZF de Toulouse.
L'auteur offre l'âme de
cette "catégorie
socio-professionnelle"
oubliée des hommes politiques
et des médias. Entre
récit sociologique et
vécu, il s'exprime pour
ceux dont les usines menacent
quotidiennement de fermer,dans
l'indifférence générale.
L'insomniaque, 2002
• Le
choix des Morrison Mary
Lawson
Dans une terre sauvage et belle
de l'Ontario, vit la famille
Morrison, pauvre mais heureuse.
La mort accidentelle des parents
va bouleverser la vie des quatre
enfants. Luke, l'aîné
de 17 ans, arrête ses
études pour s'occuper
de son frère et de ses
petites sœurs. Très
vite les difficultés
surgissent…
Beaucoup d'émotion et
d'intensité dans ce roman
où l'auteur décrit
la fragilité des relations
familiales, avec des personnages
forts et attachants.
Belfond, 2003
traduit de l' anglais (Canada)
par Cécile Arnaud
• La
terre et le ciel de Jacques
Dorme Andréi
Makine
Après Testament français
(1995) et Requiem pour l'Est
(2000), Makine nous entraîne
à nouveau, avec ce dernier
volet de sa trilogie, dans un
univers franco-russe baigné
de poésie. Pourtant,
derrière la beauté
du texte affleure la douloureuse
vérité de la deuxième
guerre mondiale observée
à travers le regard d'un
pilote français égaré
en Russie. La nostalgie slave,
mêlée à
la pureté de la langue
française, crée
une œuvre envoûtante
et subtile, toute en finesse,
en demi-teintes.
Mercure de France, 2003
• Compartiment
pour dames Anita
Nair
Une femme arrive à la
quarantaine après avoir
sacrifié sa vie à
sa famille. Elle décide
de s’occuper d’elle
et prend le train. Dans le “compartiment
pour dames”, chaque compagne
de voyage lui raconte sa vie
pendant la nuit...
Picquier, 2002
traduit de l'anglais (Inde)
par Marielle Morin
• Le
Huit Katherine
Neville
Cette histoire qui nous tient
en haleine du début à
la fin raconte les luttes de
pouvoir autour des pièces
du jeu d'échec de l'Abbaye
de Montglane éparpillées
à travers le monde. Ce
thriller historique très
bien construit nous entraîne
en 700 pages dans un suspense
haletant avec des allers-retours
dans le temps entre l'Europe
de Charlemagne, le New-York
des années soixante-dix,
et le Paris de la Révolution.
Le Cherche Midi, 2002
traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Evelyne Jouve
• Les
premiers mots
Bernard Noël
"Je sais que les morts
ne sont plus que des mots, et
donc que peu importe ceux qu'on
leur ajoute, car leur somme
demeure constante et strictement
égale au mot qui les
désigne, et qui est à
la fois le premier et le dernier".
Un peintre se suicide, sa maîtresse
rencontre son meilleur ami.
Tous deux tentent avec des mots
de clore la destinée
de cet homme. Les mots permettent
de nommer les événements
et les perceptions. Ce texte
écrit en un seul paragraphe
décrit la lourdeur et
la tension de cette rencontre
unique.
Flammarion/Ed. Léo Scheer,
2003 (collection Textes)
• Un
si bel amour Ludmila
Oulitskaïa
La première de ces nouvelles
donne son titre au recueil.
Toutes ont pour personnages
principaux des adolescents,
confrontés aux premiers
émois de la vie, et parfois
au rejet de l'autre. Ces nouvelles
sont faciles à lire,
mais il ne faut pas s'y tromper
: Ludmila Oulitskaïa touche
chez nous une fibre sensible,
celle du souvenir, du passé
et je dirais même du sanglot
étouffé depuis
longtemps.
Gallimard, 2002
traduit du russe par Sophie
Benech
• Autobiographie
d'une courgette Gilles
Paris
Icare, dit " courgette
", 9 ans, tue accidentellement
sa mère. Placé
en maison d'accueil avec des
enfants de son âge, il
découvre la vie, l'amitié
et l'amour…
Une évocation de l'enfance,
avec fraîcheur, émotion
et humour.
Seuil, 2002
• Le
Judas de Léonard
Léo
Pérutz
Judas a trahi Dieu et “il
l'a trahi lorsqu'il a compris
qu'il l'aimait. Il a ressenti
qu'il ne pourrait s'empêcher
de trop l'aimer et son orgueil
le lui a interdit”. Ainsi,
Léonard de Vinci recherche
à Milan celui qui pourrait
prêter ses traits au Judas
de la Cène.
On
retrouve les questions chères
à Léo Pérutz
: la recherche de la frontière
entre le Bien et le Mal, et
la motivation à choisir
l'un ou l'autre. Léonard,
son tableau, Milan, sont l'occasion
d'une mise en scène diabolique.
La construction simple du récit
révèle d'autant
mieux les desseins de l'auteur.
Phébus, 2003
traduit de l'allemand par Martine
Keyser
•
Mon ange Guillermo
Rosales
Quand on est écrivain
cubain, qu'on a fait la révolution,
cru en un idéal et qu'on
se retrouve à Miami dans
une espèce d'asile tenu
par un propriétaire véreux
parmi des rebuts du rêve
américain, c'est qu'on
est allé au bout du désenchantement.
Mais la lumière est parfois
vicieuse et surgit quand on
ne l'attend plus : au milieu
de tant de crasse, de puanteur
et de cruauté, il y a
là une fille avec des
grands yeux qui vous appelle
mon ange, et on se remet à
croire au bonheur. Comme quoi
on n'avait pas fini de désenchanter.
Actes Sud, 2002
traduit de l'espagnol (Cuba)
Liliane Hasson
• La
tache Philip
Roth
Troisième volet de sa
trilogie américaine,
l'auteur, par le truchement
de son double littéraire,
l'écrivain Nathan Zuckerman,
nous emmène une nouvelle
fois sur les traces d'un de
ces personnages en rupture dont
il a le secret : après
la mort de sa femme, Coleman
Silk, ancien professeur de lettres
classiques, demande à
son voisin, Nathan, d'écrire
son histoire. Peu intéressé
au premier abord, ce dernier
découvre le secret que
Silk a réussi à
cacher pendant cinquante ans…
Une peinture de la société
américaine d'aujourd'hui
qui allie dérision, réflexions
politiques et existentielles,
dénonciation des convenances
et histoire d'amour. Un roman
dense qui révèle
toute la maturité de
son auteur.
Gallimard, 2002
traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Josée Kamoun
A
lire aussi : Pastorale
américaine
et J'ai
épousé un communiste.
• Le
pouvoir du chien Thomas
Savage
Montana, années 20. Deux
frères, Phil et George,
vivent un quotidien rude et
laborieux pour tenir leur ranch.
Rose, une jeune veuve qui a
épousé George,
vient vivre avec eux. Phil lui
mène alors une vie si
infernale que les relations
vont finir par se dégrader
entre eux. Le fils de Rose,
Peter, un adolescent à
la fois brillant et bizarre,
vient passer l'été
au ranch et comprend très
vite ce qui se passe.
Dur et superbement écrit,
ce livre ne se résume
pas à une lutte simpliste
entre le bien et le mal : c'est
une étude psychologique
très fine dont la tension
dramatique est à la limite
du supportable.
Belfond, 2002
Traduit de l'américain
par Pierre Furlan
• Oscar
et la dame rose Eric-Emmanuel
Schmitt
Oscar a dix ans, il est malade
et il le sait. Mais Mamie Rose
est la seule à lui dire
la vérité. Une
histoire pas gaie mais traitée
de façon drôle,
poétique et dérangeante.
Un conte métaphysique
qui parle de l'amour, la maladie,
la mort, la foi. Douze lettres
d'Oscar à Dieu pour douze
jours qui lui restent à
vivre. Un petit livre décapant
à mettre entre toutes
les mains.
Albin Michel, 2002
•
La Jungle Upton
Sinclair
Upton Sinclair, journaliste
en 1904, a vécu plusieurs
semaines avec les ouvriers des
abattoirs de Chicago. Suite
à la publication de son
article de presse dénonçant
les conditions de travail des
ouvriers et les conditions sanitaires
des usines détenues par
les premiers trusts américains,
il fut reçu à
la Maison Blanche, des lois
sociales furent votées.
Tout ce que le journaliste a
vu est raconté ici à
travers le regard d'une famille
lituanienne, venue tenter sa
chance sur le Nouveau Continent.
Gare aux âmes sensibles
!
La Mémoire du Livre,
2003
• La
Vie obstinée
Wallace Stegner
Maître à penser
de Jim Harrison, Wallace Stegner
nous raconte la vie d’un
couple âgé qui
se replie à la campagne,
meurtri par la mort de leur
fils. Des relations très
étroites se lient avec
leurs voisins.
Un roman psychologique très
fin.
Phébus, 1999 trad. de
l'anglais par Eric Chédaille
• La
discipline de l'amour
Lygia Fagundes
Telles
La Discipline de l'amour n'est
pas un roman mais une suite
de fragments : rêves,
journaux de voyages, scènes
de la vie quotidienne, ou considérations
sur le temps qui passe et la
mort, réunis par une
sensibilité délicate,
prompte à saisir la vie,
et une écriture à
la fois précise et toute
en finesse. Un ensemble lumineux.
Rivages, 2002
traduit du portugais (Brésil)
par Maryvonne Lapouge-Péttorelli
• Les
Lois de la gravité
Jean Teulé
- " Il y a quelques années,
la police est venue …
pour enquêter sur la mort
de mon mari. Ils ont conclu
à un suicide. Eh bien,
ce n'est pas vrai. C'est moi
qui l'ai poussé du onzième
étage.
- Et pourquoi la police se serait-elle
trompée ? "
Face à face haletant
entre un policier tourmenté
et une criminelle attachante.
Julliard, 2003
• La
brûlure des cordes
F.X. Toole
Six nouvelles dont le lien très
fort entre elles est la boxe.
Un style incisif, sec, qui nous
percute comme un direct au menton.
Des personnages inoubliables
pour qui la boxe constitue une
des rares chances de s'en sortir.
Mais la tragédie n'est
jamais très loin du bout
du tunnel et parfois le rêve
se brise comme des vertèbres.
Plus dure est la chute, plus
bouleversante est la nouvelle.
Le lecteur est K.O.
Albin Michel
traduit de l'américain
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